Jour de fête

21 décembre 2011 dans Fêtes

Voici la lettre au Père-Noël d’un adorable petit garçon nommé Nicolas. Vous retrouverez dans cette dernière, toute l’effervescence et le rêve que Noël soulève chez les petits comme les grands :

« Noël, c’est la fête des enfants, mais aussi celle de la tendresse, du don et du partage.
Les cadeaux symbolisent le désir de faire plaisir, mais l’essentiel n’est-il pas de partager ?

Les cadeaux s’achètent et s’envolent. L’amour, ne s’achète pas. Il reste gravé dans les mémoires et les cœurs pour toujours, donnant aux enfants une entière confiance en eux, en autrui et en la vie. Ce qui sera leur plus grande force durant les années à venir. Un cadeau est une intention de faire plaisir, mais aussi une manière de dire « je t’aime ». L’un sans l’autre, n’est qu’un paquet vide qui donne bonne conscience. Alors, n’oublions pas de le dire le plus souvent possible à nos petits gamins au cœur si tendre, qui  rougissent de bonheur lorsqu’on leur rappelle leur venue au monde et toute la joie qu’elle a causée. C’est comme une jolie étoile qui a éclairé toute la maisonnée. C’est un peu l’histoire de noël, une histoire qui se renouvelle à chaque arrivée d’un nouveau-né, et c’est pour le fêter encore et encore que chaque année, nous offrons des cadeaux.

Il est né le divin enfant, chaque enfant est un divin enfant pour chaque foyer, un cadeau représente également la gratitude, la gratitude qu’il soit là !
Gardons ce bel esprit et cultivons-le auprès de nos enfants pour qu’ils sachent combien nous les aimons. » Je vous souhaite à tous et à toutes un merveilleux noël. Qu’il vous rappelle combien il est agréable d’apercevoir l’éclat dans les jolis yeux malicieux de vos enfants,

qu’ils soient petits ou grands, par un grand ou modeste présent, gage d’un amour immense.

J’en profite également pour vous transmettre bien chaleureusement mes remerciement pour votre fidélité.

Comme chaque année depuis que je sais écrire, et ça fait un drôle de tas d’années, j’ai dit à papa et à maman que j’allais vous envoyer une lettre pour vous demander des cadeaux pour Noël.
Là où j’ai été embêté, c’est quand papa m’a pris contre ses genoux et qu’il m’a expliqué que vous n’étiez pas très riche cette année, surtout après le coup auquel vous ne vous attendiez pas : l’argent que vous avez dû payer pour arranger votre traîneau, quand l’autre imbécile est venu de droite avec son traîneau à lui, mais même s’il y avait des témoins, ce n’est pas vrai ce qu’a dit la compagnie d’assurances, et vous étiez déjà engagé. La même chose est arrivée à mon papa avec son auto la semaine dernière, et papa n’a pas été content du tout.

Et puis, papa m’a dit que je devais être généreux et chouette, et qu’au lieu de demander des cadeaux pour moi, je devrais vous demander des cadeaux pour tous ceux que j’aime bien et pour mes copains.
Moi, j’ai dit que tant pis, d’accord, alors maman m’a embrassé, elle m’a dit que j’étais son grand garçon à elle, et qu’elle était sûre que malgré le coup du traîneau, il vous restait peut-être assez de sous pour ne pas m’oublier tout à fait. Elle est un peu chouette, ma maman. Donc pour moi, je ne vous demande rien.

 

Pour mon papa et ma maman, ce qui serait bien, c’est que vous leur donniez une petite auto dans laquelle je peux me mettre dedans, et qui marche toute seule, sans qu’on ait besoin de pédaler et qui a des phares qui s’allument, comme ceux de l’auto de papa, avant l’accident. L’auto, je l’ai vue dans la vitrine du magasin qui est un peu plus loin que l’école. Si vous donniez cette auto à mon papa et à ma maman, ce serait très bien, parce que je jouerais tout le temps dans le jardin, c’est promis, et je ne ferais plus enrager maman, qui n’aime pas que je sois tout le temps à courir dans la maison et à faire des bêtises dans la cuisine.
Et puis, papa, il pourrait lire tranquillement son journal, parce que quand je joue à la balle dans le salon il se fâche et il demande qu’est-ce qu’il a bien pu faire pour mériter ça, et que quand il a passé une journée au bureau, il aimerait bien être un peu tranquille à la maison.
Si vous leur donnez la petite auto, à mon papa et à ma maman, achetez celle qui est rouge, s’il vous plaît. Il y en a une bleue aussi, mais je crois qu’ils aimeront mieux la rouge.
Pour la maîtresse, qui est si gentille et si jolie quand nous ne faisons pas trop les guignols, j’aimerais avoir la réponse de tous les problèmes d’arithmétique de l’année. Je sais qu’à la maîtresse, ça lui fait toujours beaucoup de peine de nous mettre des mauvaises notes.
« Tu sais, Nicolas, elle me dit souvent, ça ne me fait pas plaisir de te mettre un zéro. Je sais que tu peux mieux faire. »

Alors, si j’avais la réponse de tous les problèmes d’arithmétique, ça serait très chouette, parce que la maîtresse me mettrait des tas de bonnes notes, et elle serait contente comme tout. Et moi, s’il y a une chose que j’aime bien, c’est faire plaisir à ma maîtresse ; et puis aussi, Agnan, qui est un chouchou, il ne serait plus tout le temps le premier de la classe, et ça serait bien pour lui, parce qu’il nous embête, c’est vrai, quoi, à la fin.

Geoffroy, un copain, il a un papa très riche et qui lui achète tout ce qu’il veut, et il vient de lui acheter un costume de mousquetaire terrible, avec une épée, tchaf, tchaf, un chapeau avec une plume, et tout. Mais il est tout seul à avoir un costume de mousquetaire, alors, quand il joue avec nous, Geoffroy, ce n’est pas drôle, surtout pour le coup des épées ; nous on prend des règles, mais ce n’est pas la même chose.

Pour Alceste, un autre copain, c’est facile ; Alceste aime beaucoup manger, alors, si je pouvais avoir des tas de sous, je l’inviterais tous les jours à la sortie de l’école, dans la pâtisserie pour manger des petits pains au chocolat, que nous aimons beaucoup. Alceste aime bien la charcuterie aussi, mais c’est des petits pains au chocolat qu’il aura, parce qu’après tout, c’est moi qui paie, et si ça ne lui plaît pas, il n’a qu’à aller se l’acheter lui-même sa charcuterie. Sans blague !

Joachim, il aime beaucoup jouer aux billes. Et il faut dire qu’il joue très bien ; quand il tire, bing ! Il ne rate presque jamais. Alors nous, bien sûr, on ne veut plus jouer avec lui, parce que comme on joue pour de vrai, on perd toutes nos billes ; Et il s’ennuie Joachim, à la récré. « Allez quoi, les gars, allez quoi !… », il nous dit Joachim ; c’est très triste. Alors, si je pouvais avoir des tas de billes, moi je serais d’accord pour jouer avec Joachim, parce que même s’il gagne tout le temps, ce sale tricheur, j’aurais toujours des billes.
Eudes, qui est très fort et qui aime donner des coups de poing sur le nez des copains, m’a dit qu’il fallait vous demander des gants de boxe, comme ça on rigolerait bien à la récré. Eh bien, pour Eudes, le meilleur cadeau à lui faire, ce serait de ne pas les lui donner, les gants de boxe. C’est vrai, parce que je sais comment ça va se passer : Eudes viendra avec ses gants, il va se mettre à donner des coups sur nos nez, alors, nous, on va saigner, on va crier et le surveillant va venir, il va punir Eudes, et nous, ça nous embête quand un copain a une retenue. Alors, si vraiment il faut que vous les donniez à quelqu’un les gants de boxe, donnez-les plutôt à nous, comme ça, Eudes n’aura plus d’ennuis.

 

Clotaire, lui, c’est le dernier de la classe. Quand la maîtresse l’interroge, il est toujours privé de récré, et quand on donne les livrets, ça fait des histoires chez lui, et il est privé de cinéma, de dessert et de télé. Il est toujours privé de quelque chose, Clotaire, et le directeur, en classe, il est venu lui dire devant tout le monde qu’il finirait au bagne et que ça ferait drôlement de la peine à son papa et à sa maman, qui se privaient de tout, eux aussi, pour lui donner une bonne éducation. Mais moi, je sais pourquoi Clotaire est le dernier et pourquoi il dort tout le temps en classe. Ce n’est pas parce qu’il est bête ; il n’est pas plus bête que Rufus, par exemple, c’est parce qu’il est fatigué.

Clotaire s’entraîne sur son chouette vélo jaune, pour faire le Tour de France, plus tard, quand il sera grand. Alors, bien sûr, à cause de l’entraînement, il ne peut pas apprendre ses leçons ni faire ses devoirs, et comme il ne les fait pas, la maîtresse lui donne des lignes à faire et des verbes à conjuguer, et comme il a de plus en plus de travail, ça le gêne pour son entraînement, et ça l’oblige à travailler même les dimanches. Alors que pour Clotaire ne soit plus privé de cinéma, de dessert et de télé, le mieux, ça serait de lui enlever son vélo. De toute façon, si ça continue, il ira au bagne, comme dit le directeur, et on ne le laissera sûrement pas sortir pour courir le Tour de France. Le vélo, si vous voulez, je suis d’accord pour le garder jusqu’à ce que Clotaire soit grand et qu’il n’ait plus besoin d’aller à l’école.

 

Pour le Brouillon, c’est notre surveillant, mais ce n’est pas son vrai nom, il faudra être très gentil. C’est vrai, il est tout le temps à courir dans la cour de récré, pour nous séparer quand on se bat, pour nous empêcher de jouer à la balle au chasseur – depuis le coup de la fenêtre du bureau du directeur – pour nous attraper quand on fait les guignols, pour nous envoyer au piquet, pour nous mettre en retenue, pour nous donner des lignes à faire, pour aller sonner la fin de la récré. Il est très fatigué, le Brouillon. Alors, vous devriez lui donner tout de suite des vacances, pour qu’il puisse partir chez lui, en Corrèze, et rester très longtemps là-bas. Et, pour être juste, vous devriez aussi donner des vacances à M.Mouchabière, qui remplace le Brouillon, quand le Brouillon n’est pas là.

 

Et puis, pour Marie-Edwige, qui est une petite voisine, et qui est très chouette, même si c’est une fille, avec sa figure rose, ses yeux bleus et ses cheveux jaunes, j’aimerais savoir faire des galipettes terribles. Elle aime beaucoup voir faire des galipettes, Marie-Edwige, alors, si vous pouviez faire que mes galipettes soient les meilleures de toutes, Marie-Edwige dirait : « Nicolas, c’est le champion de tous les champions. » Et elle serait très contente.

 

Voilà, je vous ai demandé des choses pour tous ceux que j’aime bien. Il y en a peut-être que j’oublie, parce qu’il y a des tas de gens que j’aime bien, alors, donnez-leur à eux aussi des tas et des tas et des tas de cadeaux.
Pour moi, comme je vous l’ai dit, je ne veux rien.
Même s’il vous reste encore des sous, et que, je ne sais pas, vous auriez tout de même envie de me faire une surprise, comme de m’apporter l’avion qui est dans la vitrine du même magasin que celui où vous trouverez l’auto de papa et maman.
Mais attention en passant dans la cheminée, parce que l’avion est rouge, comme l’auto, et c’est très salissant.
En tout cas, je vous promets d’être le plus sage que je pourrai, et je vous dit :

 

« Joyeux Noël ! »


Yamma